vendredi 16 avril 2010

Crise du carburant: Un accord trouvé entre l’Etat et les transporteurs grévistes

Les transporteurs grévistes ont annoncé ce vendredi soir qu’ils ont obtenu ce vendredi 16 avril 2010, qu'ils avaient obtenu un accord avec les autorités. Ils ont immédiatement suspendu leur mot d’ordre de grève.


« Nous suspendons pour jours notre mot d’ordre de grève », a déclaré au téléphone du banco.net Eric Diabaté, porte-parole du comité de crise des transporteurs. Les grévistes affirment avoir obtenu une réduction de 30 FCFA sur le prix du litre de diesel. Le gouvernement proposait une réduction de 15 FCFA contre 140 FCFA que demandaient les grévistes.
Dans la matinée, en dépit de l’annonce de la fin de la grève annoncée la veille, par un groupe de syndicalistes, sur les antennes de la télévision nationale (RTI), aucun wôrô wôrô, ni « gbaka » ni encore taxi compteur n’a roulé.

Toujours dans la matinée, des échauffourées ont opposé des grévistes et des forces de l’ordre à San Pedro et à Abobo.

Les transporteurs ont lancé, lundi, un mouvement historique de grève, suivi à 100 % pour protester contre les hausses récurrentes du prix du carburant.

jeudi 15 avril 2010

Coopération : Visite du président de la Guinée à Abidjan


Le Président par intérim de Guinée, le général Sékouba Konaté, est arrivé hier en milieu de journée à Abidjan où il a été accueilli par le Président Laurent Gbagbo, qui avait à ses côtés le Premier ministre Guillaume Soro, des présidents d’institution, membres du Gouvernement, ainsi que la haute hiérarchie militaire ivoirienne.

Une « visite d’amitié et de fraternité » à un « pays frère » lié à la Guinée par des « liens séculaires ». Voilà ce qu’a déclaré le n°1 guinéen à la presse, à son arrivée. Massés dans les alentours du salon présidentiel, les Guinéens vivant en Côte d’Ivoire, vêtus aux couleurs de leur pays et agitant de petits drapeaux rouge, jaune et vert, ont salué l’arrivée de leur Président par des chants et danses que celui-ci a pu apprécier à sa sortie. Un peu plus tard, le général Sékouba Konaté, vêtu d’un costume bleu marine et d’un polo de même couleur, a eu un tête à tête avec son homologue ivoirien, au Palais présidentiel, après avoir pris ses quartiers à l’hôtel Pullman, au Plateau. Déjeuner et échange de cadeaux ont ensuite meublé le programme des deux Chefs d’Etat. Cinq membres du Gouvernement accompagnent le général Sékouba Konaté. Il s’agit notamment de Tibou Camara, ministre Secrétaire général de la Présidence, Bakary Fofana, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Francophonie, et Djénabou Saïfou Diallo, ministre du Plan et de la Coopération internationale. Hier après-midi, la délégation guinéenne a rencontré des investisseurs ivoiriens à la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire. Le programme de la visite prévoit, aujourd’hui, une rencontre du général Sékouba Konaté avec ses compatriotes vivant en Côte d’Ivoire, au Palais de la culture, à Treichville. La publication d’un communiqué final est également prévue avant le retour de l’hôte de marque dans son pays. Le général Sékouba Konaté est devenu Président par intérim de Guinée en décembre 2009, à la suite de la tentative d’assassinat dont a été victime le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte militaire qui a pris le pouvoir un an plus tôt, au décès du Président Lansana Conté. Il gère une période de transition qui doit prendre fin après un scrutin présidentiel dont le premier tour a été fixé au 27 juin.

Le ministre Bohoun Bouabré (pdt du comité de lutte contre la hausse du prix du carburant) : “Le gouvernement a décidé que l`augmentation du prix du gasoil soit de 15 F au lieu de 30 F


                                                                                                  Suite à la récente hausse du prix du carburant 
                                                                                         à la pompe qui a entraîné la colère des transporteurs,
                                                                                         traduite par un arrêt de travail depuis le lundi dernier,


le Comité de lutte contre la hausse du prix du carburant s`est réuni hier de seize heures trente à dix-huit heures, à la salle C de la primature au Plateau. A l`issue de cette rencontre, le ministre du Plan et du développement, Paul Antoine Bohoun Bouabré, a annoncé que plusieurs propositions ont été faites aux "grévistes" dont la baisse du prix du gasoil à la pompe de quinze francs, au lieu de trente francs comme initialement annoncé. "Naturellement, les transporteurs sont en grève. Et donc le gouvernement a engagé une négociation avec les transporteurs. Nous nous sommes réunis pour faire le point de ces négociations. Les ministres en charge de ce secteur concerné, qu`il s`agisse du ministère des Transports d`une part, et, d`autre part, du ministère des Mines et de l`énergie, pour faire le point de l`état d`avancement. Nous avons fait des recommandations dans le sens de la poursuite de ces négociations. Le gouvernement ayant fait des propositions concrètes, attend une réaction rapide des grévistes. Nous espérons qu`une annonce sera faite par les transporteurs, eu égard aux propositions faites par le gouvernement. Nous espérons que la situation pourrait se normaliser. Il y a un ensemble de revendications des transporteurs, au nombre desquelles, quelques-unes ont eu une satisfaction rapide. Le gouvernement a pris un décret pour créer le fonds de développement des transports. C`était une revendication majeure des transporteurs, c`est ce qui a été signé par le chef de l`Etat. L`annonce a été faite aux transporteurs. Surtout, c`était la hausse de trente francs du prix du gasoil à la pompe. Le gouvernement vient d`annoncer aux grévistes, qu`au lieu de trente francs d`augmentation, c`est plutôt quinze francs d`augmentation qui a été décidé. Cette décision pourrait emmener les grévistes à reconsidérer leur position. Si les grévistes sont d`accord avec les propositions du gouvernement, les prix du gasoil à la pompe seront donc revus à la baisse", a-t-il déclaré

mardi 13 avril 2010

Malaise au sommet de l’Etat : La rencontre Gbagbo-Soro livre des secrets


Déjeuner en tête, prolongé par une balade sans témoin dans la même voiture pour terminer par une randonnée en bateau sur la lagune, rien n’a filtré de la rencontre au sommet entre le président de la République Laurent Gbagbo et son Premier ministre Guillaume Soro.




Entre les deux personnalités, le torchon semblait brûler, eu égard aux empoignades verbales entre leurs partisans depuis quelques semaines. A la vérité, l’ambiance ne serait pas aussi délétère que l’on croit entre les deux têtes de pont de l’Exécutif ivoirien si l’on s’en tient à des confidences à nous faites. Selon des sources très introduites au Palais et à la Primature, il ne saurait y avoir d’animosité entre Gbagbo et Soro.
Leur rencontre de dimanche sans intermédiaire, loin des oreilles indiscrètes traduit bien la cordialité de leurs liens. L’on se tromperait sur le compte des ‘’chiens de guerre’’ du camp présidentiel, Affi N’guessan, président du FPI et Charles Blé Goudé, leader de la galaxie patriotique, pour leur levée de boucliers de ces dernières semaines. Le réveil soudain de ces partisans du chef de l’Etat relèverait beaucoup plus de la rencontre que des émissaires de la Banque mondiale ont effectuée récemment en Côte d’Ivoire. Ces derniers, réagissant à un exposé plein d’euphémismes sur la situation au nord que leur a fait le chef de l’Etat au cours d’une audience qu’il leur a accordée, lui ont demandé de faire en sorte que la réunification devienne le plus tôt possible une réalité.
Ce, afin de permettre au pays de se remettre d’aplomb par une caisse commune où seront reversées toutes les recettes collectées. Une telle analyse de l’institution financière internationale ne pouvait que mettre à l’aise le tenant de l’Exécutif ivoirien et ses partisans. D’où la relance du débat sur la réunification et le désarmement, ou à défaut, le départ du Premier ministre Soro. Dans le fond, cependant, le président de la République n’entendrait point les choses de cette oreille. Même si en vétéran politicien dans le marigot ivoirien, il laissait faire ses hommes. Pour rien au monde, le chef de l’Etat n’est prêt à abandonner son chef de gouvernement actuel dans une posture qu’on dit critique. Le successeur de Charles Konan Banny serait en danger de mort. Des menaces pèseraient sur lui au milieu de ses hommes où il ne semble plus représenter grand-chose. Bien de chefs de guerre de l’ex-rébellion prenant, désormais, leurs ordres ailleurs. Conscient du danger, le chef de l’Etat, selon nos sources, a décidé de ne jamais lâcher son Premier ministre qu’il jetterait ainsi en pâture à des ennemis aux aguets. Le faisant, Gbagbo entendrait sauver les accords de Ouaga dont il est l’initiateur et qui mourraient avec l’actuel chef de gouvernement ivoirien et consacrerait, ainsi, son propre échec. Aussi le président de la République se serait-il constitué en mère-poule pour le tenant de la Primature dont des positions, parfois divergentes de celles du camp présidentiel, ne seraient que pures diversions dans le jeu politique. « Gbagbo est condamné à protéger le petit. Même quand il est couché, il sait que c’est Gbagbo son protecteur.
Le petit sait qu’il est entre la vie et la mort. Son salut réside dans son partenariat avec le chef de l‘Etat qui protège l’accord qu’il a signé avec lui », souligne notre source qui révèle des menaces directes proférées par un leader politique de la place soupçonné de parrainer l’ex-rébellion. A l’heure actuelle, les jours de Soro seraient même comptés à la tête des Forces nouvelles où l’un de ses ex-ministres serait en train d’être préparé pour occuper son fauteuil. En clair, contrairement au spectacle que nous ont livré leurs partisans, Gbagbo et Soro filerait le parfait amour dans une relation gagnant-gagnant contre des adversaires qui se comptent plutôt ailleurs que dans leur rang. Ceci expliquerait que la rencontre du Palais soit tenue dans le strict secret, à l’insu de tous les éventuels faucons susceptibles d’ébruiter ce qui se passe entre les deux pôles de l’Exécutif dont on attend encore des exploits pour sortir la Côte d’Ivoire de la crise aigue qu’elle traverse.

samedi 10 avril 2010

DANANE: Les populations se soulèvent contre le pillage des forêts classées

La tension est montée d’un cran depuis quelques jours dans le département de Danané. A l’origine, un soulèvement des populations qui tiennent à déguerpir par tous les moyens, ceux qui occupent illégalement les forêts classées et les parcelles villageoises. Quatre heures d’échange, parfois houleux, de 11 heures à 15 heures, entre le préfet de Danané, Sékou Konaté, assisté de l’ensemble de ses collaborateurs, y compris le commandant du secteur de Danané, le capitaine Eddy Médi, et le collectif des cadres et notables pour la défense des forêts de la sous-préfecture de Kouan-houlé (CCNDF). C’est le temps qu’il a fallu mercredi à la résidence du préfet de Danané pour que les autorités administratives et militaires du département et les représentants des populations des sous-préfectures de Kouan-houlé et de Daleu évitent le pire. C’est-à-dire un affrontement généralisé que tout le monde craint aujourd’hui entre les populations riveraines des nombreuses forêts classées du département et les allogènes, Lobis et Burkinabé pour la plupart, qui se sont rendus maîtres des lieux à la faveur de la crise politico-militaire qui secoue la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002. C’est que depuis quelques jours les jeunes de la sous-préfecture de Kouan-houlé ont entrepris de déguerpir tous les occupants des forêts classées du Mont Nimba et de Téapleu. Provoquant des déplacements massifs de populations allogènes estimées à plus de mille personnes. L’action dont l’écho s’est répandu comme une traînée de poudre dans le département, et ayant fait tache d’huile, les populations voisines de la sous-préfecture de Daleu,les forêts classées du Cavally, du Mont Momi sont entrées dans la danse. De conciliabules en concertations, les parties se sont entendu sur la mise sur pied d’une plate forme impliquant l’administration préfectorale, les services du ministère de la l’agriculture, les autorités militaires des forces nouvelles, les cadres, les élus et la notabilité villageoise en vue d’une prise en main urgente de la question de la destruction vertigineuse des forêts classées et des parcelles communautaires en vue de circonscrire le mal. Objectif, arrêter la saignée et éviter une déflagration généralisée aux conséquences imprévisibles. Des populations exaspérées Ce compromis obtenu aux forceps a eu le mérite de faire baisser la tension qui était montée d’un cran lorsque, peu avant midi, la foule de protestataires, lasse d’attendre le début d’une réunion initialement prévue avec le préfet dans la salle de conférence de la préfecture, a décidé de prendre d’assaut la résidence du préfet où se dernier s’était retranché avec les cadres pour s’accorder sur certains points de divergence. Devant la foule compacte qui avançait, les éléments de sécurité ont d’abord tenté de les dissuader. Faisant craindre un affrontement entre les agents de sécurité et les populations. Mais face à la détermination des protestataires qui avançaient en bloc la main dans la main et le nombre important, les agents de sécurité se sont résolus à les laisser entrer au sein de la résidence. Le temps que le préfet ayant accordé ses violons avec la délégation des cadres vienne vers 15 heures annoncer la fumée blanche. En vérité des solutions transitoires acceptées difficilement par les populations autochtones. Tant leur exaspération est grande. “Nos parents sont impatients. Ceux qui occupent nos forêts de façon illégale et anarchique nous narguent tous les jours. Mais le plus grave c’est que si nous ne faisons rien la forêt aura complètement disparue d’ici quelques années. Nous ne pouvons l’accepter. Mieux vaut mourir. Parce que ces forêts sont toute la richesse qui nous reste. Nous ne pouvons pas regarder des individus venus de nulle part nous arracher la terre de nos ancêtres. Nous faisons confiance à l’administration. Mais nous disons clairement que notre patience a des limites. Nous ne pourrons tolérer longtemps cette anarchie. Nous défendrons par tous les moyens notre patrimoine qui est aussi celui de l’Etat de Côte d’Ivoire”, confiait quelque peu irrité le porte- parole des cadres, M. Sohou Vassy. Dans la foule, de nombreux chefs de village, mais surtout de nombreux jeunes ne manquaient pas de manifester publiquement leur désaccord face au compromis trouvé. Pour eux, le mal étant trop profond, il faut une thérapie de choc. Parce que de leur point de vue, la lenteur administrative aidant, la question des forêts classées et du patrimoine foncier rural dans le département qui a été au centre de la visite d’Etat du président de la république en juin 2009, devrait avoir connu un début de solution, si tant est que le problème intéresse les gens. “C’est un véritable drame que nous vivons dans l’indifférence totale. Aujourd’hui, personne ne parle. Nos forêts sont bradées et occupées par des gens que nous ne connaissons pas. Les gens attendent que nous exigions le respect de notre droit de propriété pour qu’on parle de xénophobie où de chasse aux étrangers. Mais soyez en sûr, si dans les semaines à avenir rien n’est fait, nous prendrons nos responsabilités”, a tenu à marteler M. Jean Brice Kessé, membre du collectif des cadres. Les protestataires se disent d’autant plus choqués que des individus identifiés ont affirmé détenir dix kilomètres carrés de forêts où ils font travailler 103 manoeuvres. “Monsieur le préfet, je crois humblement qu’un tel individu doit immédiatement être mis aux arrêts”, a estimé M. Sohou, pour qui de telles mesures préventives pour nécessité d’enquête contribueraient à calmer un peu les populations qui ont de plus en plus le sentiment que l’Etat, s’il n’est pas complice les a abandonnés à leur sort. Au terme des discussions avec l’administration, les protestataires ont accepté de regagner leurs villages respectifs pour y attendre le sous-préfet qui entame à partir du 16 avril prochain une tournée dans les sous-préfectures de Koua-Houlé et de Daleu. En attendant, la fièvre semble être tombée. Mais pour combien de temps ? A Danané, tout le monde sait que la situation peut exploser à tout moment. 

DANSE DES CHASSEURS de TINDARA