A l’approche du second tour de la présidentielle, les deux candidats qualifiés, le Président sortant Laurent Gbagbo et l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, sont confrontés à une équation incontournable propre à toute démocratie élective : celle du report des voix. Le premier tour ayant été marqué par la persistante tripolarisation du paysage politique ivoirien, les deux finalistes vont devoir se disputer l’électorat de l’ancien Chef de l’Etat Henri Konan Bédié, arrivé troisième lors du premier tour, de ce fait, éliminé de la course à la présidence et qui, selon les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel, a attiré sur son nom 25 % des suffrages alors exprimés.
Avant toute considération politique, l’écart entre les deux finalistes, 6 points, permet de fixer les objectifs chiffrés à atteindre par chacun d’eux afin de triompher. Comme nous l’allons démontrer tout à l’heure, le défi que doit à présent relever Alassane Ouattara pour rattraper et dépasser, dans les urnes, le Président sortant, est celui de la mobilisation de l’électorat de Henri Konan Bédié, qui a appelé ses électeurs à voter pour l’ancien Premier ministre de Félix Houphouët-Boigny. Les partisans d’Alassane Ouattara veulent y croire. Car en additionnant TOUTES ses voix et celles de Bédié, la victoire de leur champion, sur le papier, est acquise.
Mais les électeurs de l’ancien chef de l’Etat ivoirien voteront-ils comme un seul homme pour Alassane Ouattara ? Pas sûr. Car les querelles tenaces qui ont opposé les deux hommes par le passé pourraient avoir laissé des traces. Fort de son avance, Laurent Gbagbo compte donc bien récupérer une part suffisamment importante des électeurs d’Henri Konan Bédié pour l’emporter au deuxième tour.
Les jeux n’étant pas faits, dans les états-majors des deux finalistes, des experts mettent la dernière main à leurs études chiffrées qui viendront étayer les stratégies de campagne du second tour. Entrez dans la danse des chiffres :
- Lors du premier tour, les trois premiers, dans l’ordre Gbagbo, Ouattara et Bédié, n’ont laissé que miettes aux onze autres candidats : pas plus de 5 % des voix.
- Si l’on exclut à priori l’hypothèse selon laquelle ces 5 % de suffrages exprimés au premier tour s’abstiendront TOUS au second tour, si l’on admet qu’1 % d’entre eux, néanmoins, s’abstiendront, voteront blanc ou verrons leur vote annulé au second tour, alors la répartition des 4 points restants ne peut se faire que de trois façons :
- 4 points pour l’un des deux finalistes et rien pour l’autre,
- 3 points pour l’un et 1 point pour l’autre,
- 2 points pour chacun des finalistes.
- Sachant que le quatrième du premier tour, le candidat de l’UDPCI, Albert Toikeusse Mabri, a recueilli 2,5 % des voix et qu’il a appelé à voter Ouattara au second tour, nous choisirons, a priori encore, la seconde des trois possibilités qui précèdent, soit 3 points pour Ouattara et 1 points pour Gbagbo.
- Alors le score du désormais candidat de l’opposition se hausse à 32 + 3 = 35 %. En conséquence, pour atteindre la majorité, Ouattara devra trouver dans l’électorat de Bédié 50 – 35 = 15 points qui lui font défaut.
- Avant d’aller plus loin, nous admettrons que :
o Les électeurs qui ont voté Gbagbo au premier tour feront de même au second. Ceux d’entre eux qui s’abstiendront ou qui, par extraordinaire, voteront Ouattara, ne devraient pas, significativement, affecter le résultat.
o De même, les électeurs ayant voté Ouattara au premier tour en feront autant au second. Ceux d’entre eux qui s’abstiendront ou qui, d’aventure, voteront Gbagbo, ne devraient pas, significativement, affecter le résultat.
• Le taux de participation, qui a été historiquement élevé au premier tour (plus de 83 %), ne devrait guère être supérieur au second. Cela veut bien dire que les rares abstentionnistes du premier tour NE VOTERONT PAS NON PLUS AU SECOND ou que les abstentionnistes du second tour seront au moins aussi nombreux que ceux qui se seront ravisés et auront décidé d'y voter alors qu'ils s'en étaient bien gardés au premier.
• Dès lors, plusieurs hypothèses peuvent être désormais envisagées :
PREMIERE HYPOTHESE : LES ELECTEURS DE BEDIE VOTENT TOUS AU SECOND TOUR :
- L’objectif incompressible d’Alassane Ouattara peut alors être chiffré au captage, au second tour, de 15 voix sur 25 qui se sont portées sur le candidat du PDCI au premier, soit 3/5ème des voix de Bédié, soit encore 6 voix sur 10. Pour l’atteindre, le candidat de l’opposition aurait alors prudemment intérêt à se fixer comme objectif les deux tiers des voix de Bédié.
- Pour Gbagbo, le même calcul le conduit à un objectif chiffré de 50 - (38 + 1) = 11 points à prendre dans le réservoir de voix de Bédié, soit 11/25 = 44 % de cet électorat. Pour l’atteindre, le candidat de La majorité présidentielle aurait alors prudemment intérêt à se fixer comme objectif la moitié des voix de Bédié. C’est à cette aune que l’on mesure le caractère plus confortable de la situation strictement chiffrée de Gbagbo que celle de Ouattara. Le premier doit viser la moitié des voix de Bédié, le second les deux tiers.
DEUXIEME HYPOTHESE : LES ELECTEURS DE BEDIE S’ABSTIENNENT TOUS AU SECOND TOUR :
- Ne resterait plus alors que 38 + 32 + 5 = 75 % de l’électorat qui voterait au second tour.
- Dans ce cas, même s’il ne récupérait aucune des voix des onze autres candidats, Gbagbo serait élu avec 38% sur des 75% de votants, soit 50,66 % des voix.
TROISIEME HYPOTHESE : PARMI LES ELECTEURS DE BEDIE, UN SUR TROIS S’ABSTIENT AU SECOND TOUR (SOIT ENVIRON 8 SUR 25):
Sachant que, sur 100 électeurs du premier tour, il n’y aurait plus que 25 – 8 = 17 électeurs de Bédié votant au second tour, le point d’équilibre entre les deux candidats finalistes se situe à :
-(100 – 8 – 1)/2 – (38 + 1 ) = 6.5 voix de Bédié pour Gbagbo
-(100 – 8 – 1)/2 – (32 + 3 ) = 10.5 voix de Bédié pour Ouattara
-Pour battre Gbagbo sur le fil, Ouattara devrait donc récupérer au moins 11 des 17 électeurs restants de Bédié, soit alors un objectif incompressible de 11 sur 17, soit environ deux tiers de l’électorat de Bédié au second tour et donc, pour plus de sécurité, un objectif des trois quarts.
-Pour battre Ouattara sur le fil, Gbagbo devra alors attirer à lui au moins 7 électeurs de Bédié sur 17, soit alors un objectif incompressible de 7 sur 17, soit un peu peu plus d’un tiers de l’électorat de Bédié au second tour et donc, pour plus de sécurité, un objectif d'un sur deux.
L’analyse chiffrée qui précède révèle ainsi qu’alors que l’objectif à atteindre par Gbagbo ne change pas avec un tiers d’abstentionnistes dans l’électorat Bédié, celui de Ouattara s’éloigne et passe des deux tiers aux trois quarts de cet électorat.
Fort logiquement, on s’apercevra que l’équation ira en se compliquant pour Ouattara (et, corolaire, se simplifiera pour Gbagbo) à mesure qu’augmentera l’abstention dans l’électorat de Bédié.
Les raisons du rapprochement renforcé entre ADO et Bédié
On comprend mieux, dès lors, pourquoi Alassane Ouattara, dit ADO, a multiplié les hommages à Henri Konan Bédié lors de son investiture pour le second tour. Orfèvre en la matière, ADO a trouvé la solution. Il n’a reculé devant aucun sacrifice pour franchir la barre des chiffres qui précèdent et atteindre ses objectifs dans l’électorat de Bédié.
Le désormais candidat du RHDP, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (qui regroupe les quatre principaux partis d’opposition en Côte d’Ivoire), a d’abord décidé d’établir ses pénates au siège du PDCI-RDA, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, l’ancien parti unique de feu Félix Houphouët-Boigny, et qui est aujourd’hui présidé par Henri Konan Bédié. C’est là, au cœur du quartier chic de Cocody, qu’il a reçu l’onction de ses alliés du second tour comme candidat du RHDP. Au dessus de sa tête, le portrait géant du « Père de la Nation » venait d’être solidement arrimé au mur duquel il s’était à moitié décroché juste avant la cérémonie. Dans son discours d’investiture, Alassane Ouattara a promis, en cas de victoire, de se placer sous l’autorité d’Henri Konan Bédié. A l’instar de l’ancien Président-fondateur de la Tanzanie Julius Nyerere, qui, à la tête de son parti unique, avait continué de diriger de facto son pays après en avoir quitté la présidence, Henri Konan Bédié s’est ainsi vu offrir par Alassane Ouattara une sorte de fonction de « guide suprême », création sans précédent dans l’histoire politique ivoirienne et sans contenu dans la constitution.
Ggagbo réagit
Sorti des urnes en tête lors du premier tour, Laurent Gbagbo, avant même que son adversaire du second ne fasse ces spectaculaires annonces, avait pris les devants. Pour galvaniser ses troupes dans la perspective de la bataille du 28 novembre, le candidat de La majorité présidentielle soulignait l’importance de sa première place au premier round du 31 octobre, et celle de l’écart le séparant de son adversaire qu’il qualifiait, une fois encore, de « candidat de l'étranger », lui reprochant d’être allé à Dakar au lendemain du second tour, à la rencontre du Président sénégalais Abdoulaye Wade, puis à Ouagadougou, à celle du Président burkinabé Blaise Compaoré.
Les plaies de l'histoire
Les internautes qui viennent de lire ce qui précède, percevront aisément l’intérêt de la référence à l’écart, dans les urnes, entre les deux finalistes. Pour bien comprendre, en revanche, celle de « candidat de l’étranger », un rapide retour en arrière s’impose. En lançant, la veille même de l’investiture du candidat du RHDP, un message aux électeurs ayant voté Bédié au premier tour, Laurent Gbagbo cherchait à enfoncer un coin dans la stratégie de l’opposition. Manière de tenter de rouvrir les plaies, aujourd’hui apparemment cicatrisées, dont ont souffert par le passé les relations entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Après la mort, le 7 décembre 1993, de Félix Houphouët-Boigny (dont Alassane Ouattara fut l’unique Premier ministre), et jusqu’au coup d’Etat de noël 1999, la vie politique ivoirienne fut en effet empoisonnée par une farouche rivalité entre ces deux dirigeants. C’est sous la houlette d’Henri Konan Bédié que fut forgé le concept « d’ivoirité » qui renforcera le droit du sang en Côte d’Ivoire. Dans ce contexte sera adopté un nouveau code électoral restreignant le droit d'élection à la magistrature suprême aux citoyens nés de mère et de père ivoirien, et ayant résidé en Côte d'Ivoire, sans discontinuer, pendant les cinq années précédent le scrutin.
Une disposition qui sera, par la suite, en partie inscrite dans la constitution, adoptée sous la présidence du général Robert Gueï, porté par les mutins à la tête du coup d’Etat de décembre 1999 ayant conduit Henri Konan Bédié à l’exil. Ce codicille institutionnel empêchera en effet Alassane Ouattara de se présenter à l’élection présidentielle de 2000 pour cause de « nationalité douteuse », puis aux législatives de novembre suivant.
Auparavant, en novembre 1999, un mois avant le coup d’Etat, la justice ivoirienne avait lancé un mandat d’arrêt contre Alassane Ouattara pour faux et usage de faux concernant ses deux cartes d’identité. Le même mois, la direction du RDR, à l’exception d’Alassane Ouattara, alors à l’étranger, sera arrêtée, condamnée à deux ans de prison, et placée sous les verrous, y compris la numéro deux du parti, Henriette Diabaté. Quand à Laurent Gbagbo, l’opposant qu’il était alors avait noué une alliance avec le fondateur du RDR Djéni Kobina, le Front républicain, contre Henri Konan Bédié. Répondant à nos questions lors de sa conférence de presse mardi dernier, Laurent Gbagbo attribuera même, indirectement, la responsabilité du coup d’Etat de 1999 à Alassane Ouattara. « Si vous aimez Bédié, vous devez voter pour celui qui l’a fait revenir d’exil plutôt que pour celui qui l’a fait partir en exil », avait-il dit à l’attention des très convoités électeurs de Bédié.
On efface tout et on recommence
A Présent, donc, Bédié et Ouattara ont décidé de faire du passé table rase, convoquant au passage l’image tutélaire et très socialiste du Président tanzanien Julius Nyerere. Car hors la dynamique du RHDP, point de salut pour eux. Le but est bien de transformer cette logique de coalition en une dynamique de front anti-Gbagbo. Le moyen d’y parvenir a été évoqué durant la précampagne électorale : le parti unifié d’opposition. Plusieurs fois promise, jamais réalisée, cette idée vient donc de refaire opportunément surface. Sans être clairement exposée, la répartition des rôles, pourtant, se profile. En cas de victoire dans les urnes d’Alassane Ouattara, ce dernier irait à la présidence, et Henri Konan Bédié, le « Président Nyerere » de l’opposition, pourrait aller à la tête du parti unifié.
La récupération du vote Bédié, priorité absolue pour Gbagbo
Cette stratégie de mobilisation de l’opposition saura-t-elle convaincre les électeurs de Bédié ? Réponse à la proclamation des résultats du second tour prévu le 28 novembre. Mais l’ampleur de l’écart entre les deux finalistes devrait logiquement conduire Laurent Gbagbo à se lancer dans une campagne de rassemblement, afin de capter au moins les 11/25ème, soit 44 % de l’électorat de Bédié dont il a besoin pour être réélu.
Une campagne plus offensive de la part des lieutenants de Gbagbo n’est pas à exclure. Car le Président sortant a tout intérêt à enfoncer un coin dans l’alliance du RHDP pour en casser la dynamique et récupérer la fraction du vote Bédié dont il a besoin pour vaincre.
En lançant sa campagne officielle le 15 octobre à Man, Laurent Gbagbo, sur RFI, avait lancé un message paix, de réconciliation, d’apaisement. Il était alors face à 13 adversaires (et en réalité face à deux d’entre eux). Le voilà à présent, non pas face à un rival comme prévu par la loi, mais de nouveau face aux deux mêmes. A se demander si le premier tour a jamais existé.
Et pourtant, en Côte d’Ivoire aussi, l’élection présidentielle est la rencontre, au second tour, d’un homme avec un peuple. Ainsi va la vie politique ivoirienne. Face à ce rendez-vous de l’histoire, les calculs électoraux semblent de peu de poids. Mais s’ils ne sont pas une condition suffisante pour triompher, ils constituent une condition nécessaire à la victoire. Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et même Henri Konan Bédié le savent bien : tous trois sont, une ultime fois, confrontés à la loi d’airain de l’arithmétique. Dure, dure, mais c’est la loi.
L'INFORMATION A PORTÉE DE MAIN MIEUX INFORMES. UNE MEILLEURE COMPREHENSION.; POUR UNE BONNE ANALYSE.
vendredi 12 novembre 2010
jeudi 21 octobre 2010
Elections : Les Éléphants au service de la démocratie
- À quelques jours du premier tour des élections présidentielles ivoiriennes, une association a mobilisé les joueurs de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire afin de calmer les esprits, dans un contexte qui s’annonce difficile.
Le football peut aussi servir d’exemple. Voilà ce que Régis Lemonn, président de l’association Foot’Attitude, veut mettre en pratique en Côte d’Ivoire à l’approche des premières élections présidentielles depuis 2000. Financée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et associée à la Fédération ivoirienne de football, l’association a crée une campagne médiatique autour des Éléphants – surnom de l’équipe nationale – dont la star Didier Drogba, pour sensibiliser les Ivoiriens sur l’importance du respect du processus démocratique dans un contexte tendu.
: Comment est née cette idée originale de demander aux joueurs de l’équipe nationale ivoirienne de s’impliquer dans le processus électoral ?
L’équipe ivoirienne actuelle s’est formée lors du conflit de 2002. À ce moment-là, des joueurs comme Didier Drogba ont pris la parole et ont demandé aux différents partis de déposer les armes. Ce qui a eu une réelle incidence sur les événements. Le football est roi en Côte d’Ivoire et cette équipe, qui appartient à tous les Ivoiriens, est la fierté du pays grâce à des joueurs comme Didier Drogba - premier Ivoirien à être désigné Ballon d’or africain - et Yaya Touré - premier Ivoirien à remporter la Ligue des champions avec le FC Barcelone (2009). Mais ce sont les valeurs de ce sport – respect de l’autre, respect des règles – qui sont mises en avant dans cette campagne qui a débuté lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en janvier dans les rues d’Abidjan, à la télévision, à la radio et sur Internet.
Pourquoi cette équipe des Éléphants a un tel impact sur la population ?
: Le groupe est composé de joueurs qui viennent du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest du pays. C’est un véritable exemple de cohabitation. Chacun peut se reconnaître à travers eux, à un moment où les gens se déchirent pour des querelles politiques. Les problèmes de friction qui peuvent exister pendant et après les élections sont largement dus au manque d’éducation de la population. À travers notre action, nous voulons que les gens s’inspirent des valeurs de "fair-play" du football et de cette équipe. Nous voulons à tout prix éviter que ces élections se déroulent dans un contexte apaisé et ainsi éviter le chaos.
Quelle importance a Didier Drogba dans cette campagne ?
: Didier Drogba a une personnalité hors du commun en Côte d'Ivoire mais il a aussi une conscience collective : il est le premier ambassadeur de la paix en Côte d’Ivoire. Lors de son dernier déplacement au pays, il a pris le temps de nous parler pour discuter de notre campagne qu’il soutient pleinement. Comme il a pu le démontrer auparavant, Didier Drogba s’implique réellement pour trouver des solutions aux problèmes des Ivoiriens.
Un parti a-t-il essayé de s’approprier l’image des Éléphants dans cette campagne ?
R. L : Non. L’équipe appartient aux Ivoiriens avant n’importe quel parti politique.
Le football peut aussi servir d’exemple. Voilà ce que Régis Lemonn, président de l’association Foot’Attitude, veut mettre en pratique en Côte d’Ivoire à l’approche des premières élections présidentielles depuis 2000. Financée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et associée à la Fédération ivoirienne de football, l’association a crée une campagne médiatique autour des Éléphants – surnom de l’équipe nationale – dont la star Didier Drogba, pour sensibiliser les Ivoiriens sur l’importance du respect du processus démocratique dans un contexte tendu.
: Comment est née cette idée originale de demander aux joueurs de l’équipe nationale ivoirienne de s’impliquer dans le processus électoral ?
L’équipe ivoirienne actuelle s’est formée lors du conflit de 2002. À ce moment-là, des joueurs comme Didier Drogba ont pris la parole et ont demandé aux différents partis de déposer les armes. Ce qui a eu une réelle incidence sur les événements. Le football est roi en Côte d’Ivoire et cette équipe, qui appartient à tous les Ivoiriens, est la fierté du pays grâce à des joueurs comme Didier Drogba - premier Ivoirien à être désigné Ballon d’or africain - et Yaya Touré - premier Ivoirien à remporter la Ligue des champions avec le FC Barcelone (2009). Mais ce sont les valeurs de ce sport – respect de l’autre, respect des règles – qui sont mises en avant dans cette campagne qui a débuté lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en janvier dans les rues d’Abidjan, à la télévision, à la radio et sur Internet.
Pourquoi cette équipe des Éléphants a un tel impact sur la population ?
: Le groupe est composé de joueurs qui viennent du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest du pays. C’est un véritable exemple de cohabitation. Chacun peut se reconnaître à travers eux, à un moment où les gens se déchirent pour des querelles politiques. Les problèmes de friction qui peuvent exister pendant et après les élections sont largement dus au manque d’éducation de la population. À travers notre action, nous voulons que les gens s’inspirent des valeurs de "fair-play" du football et de cette équipe. Nous voulons à tout prix éviter que ces élections se déroulent dans un contexte apaisé et ainsi éviter le chaos.
Quelle importance a Didier Drogba dans cette campagne ?
: Didier Drogba a une personnalité hors du commun en Côte d'Ivoire mais il a aussi une conscience collective : il est le premier ambassadeur de la paix en Côte d’Ivoire. Lors de son dernier déplacement au pays, il a pris le temps de nous parler pour discuter de notre campagne qu’il soutient pleinement. Comme il a pu le démontrer auparavant, Didier Drogba s’implique réellement pour trouver des solutions aux problèmes des Ivoiriens.
Un parti a-t-il essayé de s’approprier l’image des Éléphants dans cette campagne ?
R. L : Non. L’équipe appartient aux Ivoiriens avant n’importe quel parti politique.
Distribution des cartes nationales d’identité et des cartes d’électeur : Voici les dates de fin de l'opération à Abidjan, à l'intérieur et à l'étranger
Le Premier Ministre, Monsieur Guillaume Kigbafori Soro, en accord avec les la Commission électorale indépendante et les structures techniques en charge du processus d’identification et de recensement électoral (CNSI et ONI), porte à la connaissance des populations ivoiriennes que l’opération couplée de distribution des cartes nationales d’identité et des cartes d’électeur, entamée le 6 octobre 2010, prendra fin sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger aux dates ci-après :
Pour le district d’Abidjan : le Samedi 23 octobre 2010
• Pour l’intérieur du pays : le Mercredi 27 octobre 2010
• Pour l’étranger : le Vendredi 29 octobre 2010
En conséquence, le Premier ministre invite tous les citoyens ivoiriens concernés par cette opération et n’ayant pas encore retiré leurs cartes, aussi bien en Côte d’Ivoire qu’à l’étranger, à se rendre sans tarder dans leurs centres d’enrôlement respectifs, munis de leurs récépissés, pour procéder au retrait.
Le Premier Ministre exhorte les candidats à l’élection présidentielle et leurs états major, les acteurs politiques, les organisations de la société civile ainsi que les autorités traditionnelles et religieuses à s’impliquer activement dans la sensibilisation et la mobilisation des populations pour le succès de cette opération dans les délais fixés.
Pour le district d’Abidjan : le Samedi 23 octobre 2010
• Pour l’intérieur du pays : le Mercredi 27 octobre 2010
• Pour l’étranger : le Vendredi 29 octobre 2010
En conséquence, le Premier ministre invite tous les citoyens ivoiriens concernés par cette opération et n’ayant pas encore retiré leurs cartes, aussi bien en Côte d’Ivoire qu’à l’étranger, à se rendre sans tarder dans leurs centres d’enrôlement respectifs, munis de leurs récépissés, pour procéder au retrait.
Le Premier Ministre exhorte les candidats à l’élection présidentielle et leurs états major, les acteurs politiques, les organisations de la société civile ainsi que les autorités traditionnelles et religieuses à s’impliquer activement dans la sensibilisation et la mobilisation des populations pour le succès de cette opération dans les délais fixés.
lundi 18 octobre 2010
ELECTION EN CÔTE D'IVOIRE
ABIDJAN - Les quatre principaux candidats de l`opposition au président ivoirien Laurent Gbagbo ont signé lundi un "programme commun de gouvernement" qu`ils s`engagent à mettre en oeuvre si l`un d`eux remporte la présidentielle du 31 octobre, a-t-on appris auprès de leur coalition.
Les deux ténors, l`ancien président Henri Konan Bédié, chef du Parti
démocratique de Côte d`Ivoire (PDCI, ex-parti unique) et l`ex-Premier ministre
Alassane Ouattara (Rassemblement des républicains, RDR) ont paraphé ce
document avec Albert Mabri Toikeusse (Union pour la démocratie et la paix en
Côte d`Ivoire, UDPCI) et Anaky Kobenan (Mouvement des forces d`avenir, MFA).
Alliés au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la
paix (RHDP), ils se sont retrouvés à Yamoussoukro (centre), capitale politique
fondée par le "père de la Nation" Félix Houphouët-Boigny (1905-1993), dont
c`était le jour anniversaire de la naissance (selon la biographie officielle).
Le programme, qui vise une "société de paix et de liberté", promeut "une
économie libérale" et "une politique sociale hardie pour revaloriser l`école,
la santé et l`emploi", a indiqué à l`AFP Alphonse Djédjé Mady, responsable du
RHDP.
Réfutant le terme de "concurrents", il a réaffirmé que "les autres
(candidats de la coalition) soutiendraient celui du RHDP qui sera le mieux
placé" et qualifié au second tour.
Interrogé sur l`idée d`un "parti unifié" des "houphouétistes", évoquée en
mai dernier, M. Mady a assuré que cette "perspective demeure". "On verra ça
après" l`élection, a-t-il toutefois précisé.
Après dix ans de crise, la Côte d`Ivoire est en campagne électorale depuis
vendredi. La tenue de la présidentielle, repoussée depuis 2005, reste
suspendue à d`importants préparatifs, notamment la distribution des cartes
d`identité et d`électeur.
Les deux ténors, l`ancien président Henri Konan Bédié, chef du Parti
démocratique de Côte d`Ivoire (PDCI, ex-parti unique) et l`ex-Premier ministre
Alassane Ouattara (Rassemblement des républicains, RDR) ont paraphé ce
document avec Albert Mabri Toikeusse (Union pour la démocratie et la paix en
Côte d`Ivoire, UDPCI) et Anaky Kobenan (Mouvement des forces d`avenir, MFA).
Alliés au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la
paix (RHDP), ils se sont retrouvés à Yamoussoukro (centre), capitale politique
fondée par le "père de la Nation" Félix Houphouët-Boigny (1905-1993), dont
c`était le jour anniversaire de la naissance (selon la biographie officielle).
Le programme, qui vise une "société de paix et de liberté", promeut "une
économie libérale" et "une politique sociale hardie pour revaloriser l`école,
la santé et l`emploi", a indiqué à l`AFP Alphonse Djédjé Mady, responsable du
RHDP.
Réfutant le terme de "concurrents", il a réaffirmé que "les autres
(candidats de la coalition) soutiendraient celui du RHDP qui sera le mieux
placé" et qualifié au second tour.
Interrogé sur l`idée d`un "parti unifié" des "houphouétistes", évoquée en
mai dernier, M. Mady a assuré que cette "perspective demeure". "On verra ça
après" l`élection, a-t-il toutefois précisé.
Après dix ans de crise, la Côte d`Ivoire est en campagne électorale depuis
vendredi. La tenue de la présidentielle, repoussée depuis 2005, reste
suspendue à d`importants préparatifs, notamment la distribution des cartes
d`identité et d`électeur.
vendredi 27 août 2010
Liste électorale - Le CD qui confond les fraudeurs - Comment Gbagbo a piégé ses adversaires
La bataille fait rage autour de la liste électorale, baromètre des prochaines élections de sortie de crise, qui s`annoncent âprement disputées. Dénonciation par-ci, radiation par-là, le tout soutenu par une véritable guerre que se livrent les partis politiques, disons les parties engagées dans la course à la présidence. Dans cette bataille, La majorité présidentielle (Lmp), groupement des partis politiques qui parrainent la candidature de Laurent Gbagbo aux prochaines élections, semble plutôt à l`aise. Forte de la stratégie savamment planifiée par son champion, le père de la refondation, pour démasquer les fraudeurs sur la liste électorale. En effet, selon des sources bien informées l`arme fatale du camp présidentiel contre les indésirables sur la liste des électeurs ivoiriens, est un compact disc (CD), support numérique sur lequel se trouvent compilés les fichiers des ressortissants des pays de la Cedeao vivant en Côte d`Ivoire. Un instrument dénommé CD Cedeao, qui a servi aux acteurs du camp présidentiel pour faire les croisements nécessaires avec les données de la liste électorale, afin d`en extraire ceux qui se retrouvent à la fois sur cette liste et sur le CD. Comment en est-on arrivé là ? Selon nos sources, le président Gbagbo, soucieux de l`organisation d`une élection juste et transparente, a voulu se doter des instruments nécessaires pour atteindre cet objectif, avec en premier, la liste électorale, que tous les candidats ont souhaité propre et dépouillée de tout soupçon. Pour y parvenir, toujours selon les sources, le chef de l`État, juste avant le démarrage de la vérification sur la liste électorale, a envoyé des missions dans les différents pays de la sous-région, notamment le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal, le Niger, la Guinée, dont les ressortissants sont nombreux sur le sol ivoirien. Objectif, demander aux souverains de ces différents pays une aide dans la confection d`une liste électorale propre, pour des élections sans contestation en Côte d`Ivoire. Il s`agissait dans un premier temps, pour Laurent Gbagbo d`obtenir de ses homologues ouest-africains, la mise à disposition de tous les fichiers des ressortissants des pays de l`espace Cedeao vivant en Côte d`Ivoire depuis 1960. Fichiers comprenant les noms et prénoms, les dates et lieux de naissance, les fonctions, ainsi que les lieux de résidence de chacun des individus identifiés dans les représentations diplomatiques comme des nationaux des pays de l`espace communautaire sous-régional, et vivant sur le sol ivoirien. Laurent Gbagbo a eu l`accord de ses pairs, qui ont donné des instructions pour faire droit à la demande du président ivoirien. Ces données étant recueillies, le chef de l`État et ses experts ont procédé à une répartition, par région, en fonction des lieux de résidence des différents individus figurant sur le CD Cedeao. Différents supports numériques par région ont ainsi été confectionnés. Les responsables de la campagne présidentielle au niveau de Lmp ont chacun reçu un CD correspondant à la zone placée sous sa responsabilité. C`est avec ce support numérique que les directeurs de campagne de Laurent Gbagbo, en collaboration avec les responsables du Front populaire ivoirien (Fpi) font les différentes vérifications et aboutissent à des dénonciations et des demandes de radiation. Ce procédé a permis de démasquer de nombreux fraudeurs. Dans certaines localités où la fraude a atteint un niveau record, les Ddc ont pris attache avec les chefs de communauté etles chefs religieux. Ces derniers se sont engagés à gérer le problème en douceur, sans faire beaucoup de bruit. Histoire de préserver la dignité des fraudeurs et de maintenir la cohésion sociale dans ces localités.
mardi 8 juin 2010
lundi 7 juin 2010
Etat de santé de Drogba: Drogba a rejoint la selection ivoirienne
Drogba bientôtsur les stades.
L’information émane d’une source proche de l’encadrement des Eléphants en Suisse Didier Drogba sera disponible dans deux semaines si le suivi médical se déroule parfaitement comme prévu. Le capitaine des Pachydermes ivoiriens a subi, samedi à Berne (Suisse), une opération chirurgicale qui “a été réalisé avec succès”, selon un communiqué de la Fédération ivoirienne de football (FIF).
“Les professeurs Ralph Hertel et Michel Gaillot, ainsi que le staff médical des Eléphants (sélection nationale de Côte d’Ivoire) sont confiants quant à un rétablissement rapide du joueur”, précise le communiqué. Didier Drogba a rejoint la délégation ivoirienne ce lundi matin, selon le site de la FIF.
Cela est chosefaite puisse que depuis cematin il a rejoint la selection dans leur retranchemant.
La participation de l’attaquant vedette de Chelsea et des Eléphants à la coupe du monde 2010 n’est donc visiblement pas compromise. Selon les informations, il pourrait certes manquer la première sortie de la Côte d’Ivoire face au Portugal prévue le mardi 15 juin prochain. Mais le meilleur buteur de la Premier League (Angleterre) qui “s’est réveillé sans se plaindre de douleur aujourd’hui (ndlr hier)”, à en croire notre source, pourrait conduire l’équipe fanion de Côte d’Ivoire le 20 juin 2010, lors de la grande explication qui mettra aux prises la Côte d’Ivoire avec la Seleçao du Brésil. Une information plus que réconfortante pour les populations ivoiriennes et les fans de l’enfant de Niaprahio qui ont été tétanisés, vendredi dernier, suite à la nouvelle selon laquelle le leader de la troupe ivoire serait déclaré forfait à quelques jours du coup d’envoi du Mondial 2010, le premier du continent africain.
Pour rappel, le Ballon d’or africain 2009 a été victime d’une fracture du cubitus droit lors du match amical international Japon-Côte d’Ivoire (0-2), le 4 juin dernier à Sion (Suisse). La sélection ivoirienne s’envolera le mercredi 9 juin 2010 pour l’Afrique du Sud et prendra ses quartiers à Riverside hôtel, à mi-chemin entre Johannesburg et Pretoria.
L’information émane d’une source proche de l’encadrement des Eléphants en Suisse Didier Drogba sera disponible dans deux semaines si le suivi médical se déroule parfaitement comme prévu. Le capitaine des Pachydermes ivoiriens a subi, samedi à Berne (Suisse), une opération chirurgicale qui “a été réalisé avec succès”, selon un communiqué de la Fédération ivoirienne de football (FIF).
“Les professeurs Ralph Hertel et Michel Gaillot, ainsi que le staff médical des Eléphants (sélection nationale de Côte d’Ivoire) sont confiants quant à un rétablissement rapide du joueur”, précise le communiqué. Didier Drogba a rejoint la délégation ivoirienne ce lundi matin, selon le site de la FIF.
Cela est chosefaite puisse que depuis cematin il a rejoint la selection dans leur retranchemant.
La participation de l’attaquant vedette de Chelsea et des Eléphants à la coupe du monde 2010 n’est donc visiblement pas compromise. Selon les informations, il pourrait certes manquer la première sortie de la Côte d’Ivoire face au Portugal prévue le mardi 15 juin prochain. Mais le meilleur buteur de la Premier League (Angleterre) qui “s’est réveillé sans se plaindre de douleur aujourd’hui (ndlr hier)”, à en croire notre source, pourrait conduire l’équipe fanion de Côte d’Ivoire le 20 juin 2010, lors de la grande explication qui mettra aux prises la Côte d’Ivoire avec la Seleçao du Brésil. Une information plus que réconfortante pour les populations ivoiriennes et les fans de l’enfant de Niaprahio qui ont été tétanisés, vendredi dernier, suite à la nouvelle selon laquelle le leader de la troupe ivoire serait déclaré forfait à quelques jours du coup d’envoi du Mondial 2010, le premier du continent africain.
Pour rappel, le Ballon d’or africain 2009 a été victime d’une fracture du cubitus droit lors du match amical international Japon-Côte d’Ivoire (0-2), le 4 juin dernier à Sion (Suisse). La sélection ivoirienne s’envolera le mercredi 9 juin 2010 pour l’Afrique du Sud et prendra ses quartiers à Riverside hôtel, à mi-chemin entre Johannesburg et Pretoria.
Inscription à :
Articles (Atom)
-
Apatame Danse N'goron danse N'goron Culture de l'igname à la daba Apatame Senoufo Préparation du tchapalo (bière de maïs)...
-
jupe de Danseur Sénoufo Danseurs Sénoufo enfants de Tindara Ouverture des Calebasses à Tindara Revenant des travaux champêtre Dansue...
-
L’empire colonial français était l'ensemble des territoires d'outre-mer colonisés par la France. Commencé au XVIe s...



